Forum Perspectives économiques et financières du Québec, organisé par l’IRQ
« Plus que jamais, la Souveraineté demeure le chemin de tous les possibles » – Gilles Duceppe

Ottawa, le samedi 14 juin 2008 – « À condition de reprendre le contrôle de toutes ses finances, le Québec de 2008 est l’une des nations qui est les mieux préparées, d’un point de vue financier, à affronter les défis à venir. La route de la souveraineté reste le seul chemin menant à la pleine liberté politique et économique. Plus que jamais, pour le Québec de 2008, on constate que la souveraineté demeure le chemin de tous les possibles! » a lancé aujourd’hui le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, alors qu’il prenait la parole dans le cadre du Forum Perspectives économiques et financières du Québec, organisé par l’Institut sur la recherche du Québec (IRQ).

Le chef du Bloc Québécois a souligné que le forum mettant en présence quelques-uns des acteurs majeurs sur la scène économique au Québec depuis les deux dernières décennies, les Pauline Marois, Bernard Landry, Jacques Parizeau, et Jacques Léonard, en plus des auteurs du désormais célèbre Rapport Séguin sur le déséquilibre fiscal et les députés Pierre Paquette et Paul Crête, deux députés qui ont porté de nombreux dossiers en matière de Finances pour le compte du Bloc Québécois, vise à mettre au jour l’un des aspects primordiaux d’un futur Québec souverain, c’est-à-dire sa capacité d’être financièrement viable.

« Il y a trois attributs à la souveraineté : la capacité de faire ses lois, la capacité d’agir et de parler en son propre nom sur la scène internationale et la capacité de lever des impôts. L’IRQ a voulu que ce forum porte sur ce dernier attribut à partir de trois sujets plus spécifiques, soit le déséquilibre fiscal et la fiscalité unique, l’endettement et enfin la question du pétrole et de l’enrichissement du Québec », a souligné Gilles Duceppe.

Le déséquilibre fiscal et l’impôt unique

« En choisissant d’aborder la question du déséquilibre fiscal, l’IRQ nous rend un précieux service, qui nous permettra de faire le point six ans après le dépôt du rapport de la Commission Séguin. Depuis 2002, le Bloc Québécois s’est battu avec acharnement à Ottawa pour faire entendre le point de vue du Québec sur cette question. Le Québec a obtenu la reconnaissance du déséquilibre fiscal et une hausse appréciable des transferts fédéraux. Mais après six ans, force est d’admettre que le déséquilibre fiscal n’a pas été éliminé. Le pouvoir fédéral de dépenser est toujours bien présent, et il a donné naissance à un fédéralisme paternaliste, voire même dominateur », a lancé le chef du Bloc Québécois.

« Quant à la question d’un rapport d’impôt unique, elle est déjà au menu des débats au Bloc Québécois. Nous avons évalué que ça permettrait au Québec d’économiser jusqu’à 600 millions de dollars par année. Québec perçoit déjà la TPS au nom du gouvernement fédéral.

Pourquoi pas également l’impôt sur le revenu? Pourquoi ne pas permettre aux entreprises, aux particuliers et à l’État québécois d’économiser 600 millions de dollars par année? Parce que, si on se fait dire non, une fois encore, on comprendra que sur le chemin fédéral, c’est non, non et encore non! » a poursuivi Gilles Duceppe.

L’endettement et la situation financière de la nation québécoise

« L’endettement public de la nation québécoise, y compris notre part fédérale, a beaucoup diminué depuis 1995. Sauf que, dans le cadre fédéral, la nation québécoise ne contrôle que la partie de nos finances qui se trouve au Québec. Or, pour une nation, une bonne situation financière est utile si ça nous permet de dégager une marge de manoeuvre pour répondre à nos besoins collectifs. Plus ça va aller si nous continuons sur la voie du renoncement, le chemin du cadre fédéral, et plus notre marge de manoeuvre financière sera réduite à cause du déséquilibre fiscal. Plus alors nous sombrerons dans la dépendance financière face au gouvernement fédéral qui, lui, se renforce au détriment du Québec. Voilà ce qui nous attend sur le chemin fédéral », a repris Gilles Duceppe.

La dépendance au pétrole

« Enfin, le forum aborde cette terrible dépendance au pétrole qui est ruineuse pour le Québec autant qu’elle est ruineuse pour l’environnement. L’économie canadienne est fortement axée sur l’industrie pétrolière. Le gouvernement fédéral a tout fait pour ça et il continue de tout faire pour appuyer l’industrie pétrolière. Aujourd’hui encore, alors que l’industrie pétrolière et l’Alberta croulent sous les profits, le gouvernement Harper accorde chaque année à l’industrie pétrolière des cadeaux fiscaux d’une valeur de 1,2 milliard de dollars, ce qui va complètement à l’encontre des intérêts économiques et financiers du Québec. Pour le Québec, le pétrole est donc ruineux. Pour que la nation québécoise puisse s’enrichir et du même coup contribuer à la lutte au réchauffement climatique, il nous faut absolument réduire, puis un jour, éliminer notre dépendance au pétrole », a expliqué toujours Gilles Duceppe.

« On constate donc que seulement deux chemins se dressent devant les Québécoises et les Québécois pour le futur de leur nation : il y a le chemin de la dépendance fiscale, de la dépendance financière et de la dépendance au pétrole, ou alors le chemin de l’indépendance fiscale, de l’indépendance financière et de l’indépendance au pétrole. On le voit bien, juste avec l’attribut économique et financier, que la voie du oui, la route de la souveraineté, est infiniment préférable à la dépendance et au renoncement. Or, ce chemin de l’indépendance, c’est celui de la souveraineté du Québec! » a conclu Gilles Duceppe.

Renseignements : Karine Sauvé, attachée de presse du chef Cabinet du chef du Bloc Québécois

 

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